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Archives de la création : où passe l’« inarchivable » ?

Archives de la création : où passe l'« inarchivable » ?

Lundi 24 septembre 2018 / 9h-17h00
Centre d’Histoire « Espaces et Cultures »
Maison des Sciences de l’Homme, amphi salle 220
4, rue Ledru à Clermont-Ferrand
Entrée libre

Responsables scientifiques : Louis Hincker et Marianne Jakobi
Cette rencontre est ouverte à tous.
Renseignements 04.73.34.68.48.

Programme

MATIN

9h00

Louis Hincker et Marianne Jakobi (CHEC, Université Clermont-Auvergne)
Introduction

9h30-12h00

Simon Daniellou (Université Rennes 2)
L’« inarchivable » au sein des travaux du groupe de recherche interdisciplinaire ALEF (Arts, Littératures, Échanges, Frontières) sur les rapports entre archive(s) et création artistique

Discussion

Fabrice Flahutez (Université Paris 10) avec Marianne Jakobi (Université Clermont-Auvergne)
L’archive avant l’œuvre : les inarchivables d’Isidore Isou

Discussion

APRES-MIDI

14h00-17h00

Clothilde Roullier (Archives nationales)
Art et archives : des traces en excès, quoi qu’il arrive

Discussion

Annaëlle Winand (Université de Montréal)
Mise en récit de l’invisible : expressions de l’inarchivable dans le cinéma de réemploi

Discussion

Archives de la création : où passe l’« inarchivable » ?

De 1997 à 2000, un programme thématique « Archives de la création » du département SHS du CNRS inaugurait en France deux décennies d’innovations dans un domaine en grande partie à découvrir. La journée d’étude proposée ici envisage d’inviter à un retour d’expériences parmi les plus récentes et dans des domaines diversifiés (littérature, cinéma, théâtres, arts plastiques etc..), héritières de cette impulsion décisive. En effet, le paysage peu à peu décanté a pu révéler les liens nourris entre trois parties prenantes, ayant chacune sa fonction, et le tout formant comme une boucle : l’archiviste pour le classement archivistique de la création, le chercheur pour l’histoire d’une œuvre et d’une vie de création, le créateur pour l’archivage de ses propres créations ou de sa création à partir d’archives.

Si ces interrogations participent du resserrement du lien entre histoire et mémoire, si caractéristique de la contemporanéité patrimoniale née des dernières décennies du XXe siècle, il n’en reste pas moins qu’appliqué au domaine de la création, celui-ci se révèle paradoxal, voire problématique : l’archive ayant en charge l’advenu, et la création tendant vers l’inédit. Témoignage ou dépassement, deux manières d’instruire le rapport à l’avenir, qu’une tendance de la création contemporaine, inspirée par des archives redécouvertes et empruntées, aura pourtant cherché à rapprocher dans une éthique renouvelée de la transmission. Une conjugaison, très actuelle, au futur antérieur aura visé dans maints domaines – philosophiques, esthétiques – à renouer la chaîne des temps, à réconcilier les contraires. Cependant, l’emprise qui constitue le geste archivistique par excellence n’excède-t-il pas les mouvements de l’imagination créative pour laquelle tout n’a pas forcément fonction de laisser une trace ? N’y aurait-il pas un irréductible « inarchivable », par là-même à jamais absent mais notifié par le creux laissé, tel un signal avertisseur, rendant vaine toute volonté d’enregistrer, d’inscrire, de mémoriser. Comment le penser ? Comment lui conférer un statut qui puisse aiguillonner la réflexion épistémologique ? A y regarder de plus près, cette association de mots que convoque « archive(s) » et « création(s) » ne va finalement pas forcément de soi, ou alors met en jeu une sensibilité, voire une hantise, contemporaine qui pourrait être relue à nouveau frais : de quoi est-elle faite ? que veut-elle dire ? de quoi est-elle le signe, voire le symptôme ? qu’est-ce qui échappe à son périmètre ? qu’exclue-t-elle ?

La journée d’étude propose donc d’inviter des personnes qui ont organisé ces dernières années des réflexions collectives sur le sujet, tout en venant d’horizons très différents, et de leur demander si elles voudraient bien réfléchir ensemble sur la contemporanéité de ce questionnement commun qui semble viser un même paradigme, et afin de mieux interroger les différentes facettes qui le constituent : économique, sociale, politique etc., le tout pour tenter d’identifier cette part absente que l’archivage ne peut conserver pourtant décisive dans le geste créateur, sa réception et son partage.

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