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FAIRE FACE À LA DÉFAITE (1870-1945) SOIXANTE-QUINZE ANS D'HISTOIRE FRANCO-ALLEMANDE / FACING DEFEAT (1870-1945) SEVENTY FIVE YEARS OF FRANCO-GERMAN HISTORY

FAIRE FACE À LA DÉFAITE (1870-1945) SOIXANTE-QUINZE ANS D'HISTOIRE FRANCO-ALLEMANDE / FACING DEFEAT (1870-1945) SEVENTY FIVE YEARS OF FRANCO-GERMAN HISTORY

Colloque "FAIRE FACE À LA DÉFAITE (1870-1945) SOIXANTE-QUINZE ANS D’HISTOIRE FRANCO-ALLEMANDE" / "FACING DEFEAT (1870-1945) SEVENTY FIVE YEARS OF FRANCO-GERMAN HISTORY"
organisé les 8-9 mars 2021 / MARCH 8th-9th 2021
au Château de Vincennes, Avenue de Paris à Vincennes

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Tableau d’Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, 1873. Titre : Les dernières cartouches. Illustration de la défense de l’Auberge Bourgerie à Bazeilles par le Division bleue, le 1er septembre 1870. Musée d’Orsay

La séquence 2020-2021 est marquée par un quadruple anniversaire franco-allemand : le cent-cinquantenaire des débuts de la guerre franco-prussienne en amont et le soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en aval. Entre les deux, 2020 correspond également au centième anniversaire de l’entrée en vigueur du traité de Versailles – qui à l’issue de la Grande Guerre devait remodeler les relations entre les deux voisins mais aussi, idéalement, permettre d’éviter de nouveaux conflits – et au quatre-vingtième anniversaire de la défaite française de mai-juin 1940. La défaite est donc une expérience partagée. Elle bouscule, recompose et continue à travailler en profondeur les sociétés française et allemande, avant, pendant et après les conflits.

Dans ce cycle commémoratif éclaté qui voit chaque conflit étudié séparément, le Service Historique de la Défense (Vincennes), en partenariat avec le Centre Marc Bloch (Berlin), le Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de l’Université d’Auvergne (Clermont-Ferrand), le Centre international de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre et de l’Université de Picardie – Jules Verne (Péronne), l’Institut Historique Allemand (Paris) et le Zentrum für Militärgeschichte und Sozialwissenschaften der Bundeswehr (Potsdam) ont souhaité organiser un colloque scientifique qui interroge l’unité de la séquence du point de vue franco-allemand en centrant la focale sur l’expérience partagée de la défaite. Le colloque aura lieu les 7 et 8 décembre 2020 au château de Vincennes.

Des travaux récents ont montré que l’histoire des années 1870-1945 ne saurait se résumer à une histoire des conflits, des défaites et des revanches. La guerre et la défaite n’en représentent pas moins, pour les contemporains, un horizon des possibles et, parfois, une expérience vécue. Ils sont amenés à y « faire face » que ce soit pour s’y préparer, s’y adapter quand l’événement survient, pour le dépasser et le conjurer une fois la guerre terminée. Dans cette perspective, deux options dominent qui ne sont pas toujours exclusives l’une de l’autre et qui consistent à préparer soit la revanche, soit le dépassement de la logique d’affrontement. Dans un cadre franco-allemand, ce colloque sera donc l’occasion d’explorer la diversité des attitudes des acteurs tant civils que militaires face à la défaite, aussi bien la sienne ou celle de l’autre, entre 1870 et 1945. Il s’agit de saisir le rapport à la violence de la défaite aussi bien à l’échelle de l’individu et de l’intime qu’à celle des institutions militaires ou non, locales, nationales et impériales, en étant attentif aux interactions entre ces dimensions. En outre, De 1870 à 1945, la répétition des revers subis ou infligés permet également d’aborder la façon dont l’expérience d’un conflit est plus ou moins réinvestie au cours du suivant, consciemment ou non. Les acteurs sociaux inventent-ils alors une nouvelle « culture de la défaite », pour reprendre l’expression de Wolfgang Schivelbusch ou au contraire vivent-ils le surgissement de la défaite dans leur vie comme un moment exceptionnel, ou encore comme une initiation qui donne un sens à ce qui a précédé et/ou à leur existence future ? Ajoutons enfin que la période 1870-1945 voit les puissances européennes s’étendre sur d’autres continents puis les systèmes de domination coloniale entrer en crise. Les défaites militaires sur le sol européen acquièrent ainsi rapidement une dimension mondiale et les populations colonisées font l’expérience concrète des recompositions impériales qu’elles provoquent.

Quatre grandes thématiques ont été retenues :

Envisager la défaite

Au début des conflits, la défaite est rarement imaginée. La victoire au contraire est préparée notamment à travers la réflexion sur les buts de guerre. Pour la France, en 1870-71 et 1940, pour l’Allemagne en 1918 puis 1945, faire face à la défaite, c’est par conséquent d’abord devoir faire face à une issue inattendue de la guerre au sens propre du terme, une fin inenvisageable et inenvisagée. Pendant les conflits, les anticipations de l’avenir sont généralement des moyens de se rassurer en se projetant dans des sorties de guerre victorieuses. Dès lors, la défaite peut-elle être envisagée avant et pendant le conflit ? La défaite se cristallise alors plus ou moins rapidement et remet radicalement en cause les attentes des différents acteurs. Comment combattants et non-combattants font face à cet événement ? Comment l‘anticipent-ils ? Comment en prennent-ils la mesure et y réagissent-ils lors des trois guerres ? La défaite confère donc le plus souvent un tour surprenant et improvisé à un face-à-face avec l’ennemi plus ou moins anticipé. Elle conduit les acteurs tant civils que militaires à s’adapter à des dangers inattendus et à des espaces de combat imprévus. L’ampleur des revers subis et de la faillite des institutions en passe d’être vaincues, peuvent être aussi l’occasion pour des communautés locales de s’affirmer dans la gestion de la Cité mais aussi parfois dans la conduite des opérations, que ce soit à la demande du pouvoir central, de l’ennemi ou de leur propre initiative. En lien avec la délégitimation des autorités civiles et militaires, elle peut aussi générer, au cœur même des hostilités, l’expression du refus de la violence guerrière – parfois stigmatisé sous le terme de défaitisme – voire conduire à une refondation des structures sociales et politiques sous la pression de l’ennemi en vue d’éviter la défaite. La remise en cause des institutions, civiles comme militaires, peut ainsi être considérée comme une opportunité et renverser un ordre établi et déboucher sur des changements de régime et des moments ou cycles révolutionnaires ou contre-révolutionnaires, préparés en amont ou dans la temporalité même du surgissement de la défaite.

Vivre la défaite

Le second axe des travaux sera consacré plus précisément aux moments de la fin des conflits lorsque la défaite est consommée. Comment, entre 1870 et 1945, individus (combattants et non-combattants, hommes, femmes et enfants), groupes sociaux, institutions font-ils face – ou non – à l’expérience de l’effondrement que représente la défaite ? Les cadres et les groupes militaires sont ébranlés voire fracturés sous le coup de la défaite. La légitimité et la compétence du commandement sont ainsi mises en causes alors que même l’urgence du moment conduit les autorités militaires à s’interroger sur les opérations qu’elles sont encore en mesure de mener (retraite, contre-attaque, guerre de siège, etc.). Simultanément, maintenir la discipline et la cohésion d’une troupe vaincue devient une gageure pour laquelle officiers et sous-officiers ne sont ni formés ni préparés. Les émotions de la défaite (dépit, dépression et trauma, débouchant parfois sur des suicides, refus, déni, mais également soulagement, sentiment de libération, voire joie…) dans le cadre d’une histoire des sensibilités, pourront par exemple être explorées dans cette partie. On ne manquera pas non plus de réfléchir sur le lien entre la nature et la longueur des hostilités et l’expérience de la défaite. La radicalisation de la violence au cours de la période et le processus de totalisation qui l’accompagne entre 1870 et 1945 ont-ils des implications sur la manière de vivre les défaites successives. À guerre totale correspond-il une défaite totale ? Enfin on s’attachera également à problématiser la temporalité du moment défaite. À partir de quand commence l’expérience de la défaite et quand se termine-t-elle ? Sociétés et individus vivent-ils la défaite sur le temps court ou sur le temps long ? Comment les acteurs sociaux se pensent-ils « dans la défaite » par rapport aux périodes, finalement plus longues, d’apaisement et de paix. Le temps de la défaite est-il appréhendé comme une parenthèse ?

Ce qui nous amène aux deux dernières problématiques de ce colloque :

Acter la défaite

À qui appartient-il de reconnaître la défaite et de la proclamer ? Ces thématiques impliquent en outre de réfléchir aux discours et aux représentations utilisées pour expliquer et faire accepter la défaite sur le front comme à l’arrière. Se posent des questions comme l’accès à l’information (renseignement, propagande, rumeurs, etc.) et la réaction immédiate des acteurs sociaux à ces nouvelles (révolte, soulagement, etc.). Définir l’ampleur de la défaite est alors affaire de négociations. Il s’agit avant tout de discuter, avec l’ennemi comme au sein de son propre camp, des termes de la défaite (retrait, trêve, cessez-le-feu, capitulation, armistice, etc.). Une attention particulière devra donc être accordée aux acteurs qui organisent la gestion économique, diplomatique et militaire de la défaite ainsi qu’aux implications de ces négociations (occupation, retour des prisonniers, désarmement des combattants, ravitaillement, ordre public, paiement de tributs et d’indemnités, tracés de nouvelles frontières…). Alors même que ces actions s’enclenchent apparaissent des phénomènes individuels ou collectifs de refus de la défaite. Le fait que certains décident de continuer le combat envers et contre tout interrogent la légitimité et les moyens de coercition des institutions qui actent la défaite. Ces refus invitent aussi à questionner les imaginaires guerriers, les discours politiques et les pratiques combattantes de ceux qui refusent de se démobiliser.

Apprendre de la défaite

Coopérer avec l’ennemi ne va pas de soi dans la mesure où une telle attitude politique, si elle est assimilée à une trahison, est politiquement et moralement disqualifiée. Cependant, la défaite scellée, la paix redevient un horizon pour les acteurs sociaux. Alors que les nationalismes conservent la rhétorique belliqueuse du temps de guerre, certains acteurs travaillent à ce que les sociétés dépassent les statuts de vainqueurs et de vaincus. Une attention particulière sera donc portée aux individus ou aux groupes qui œuvrent à des médiations entre les adversaires d’hier. Si celles-ci peuvent être guidées par une volonté de réconciliation avec l’Autre, elles peuvent aussi résulter de logiques politiques et idéologiques internes (le pays vaincu cherchant l’appui du vainqueur pour surmonter les tensions sociales voire la guerre civile qui éclatent au lendemain de la défaite). Enfin nous nous intéresserons plus particulièrement aux lectures, relectures et apprentissages qui découlent de ces expériences. La défaite devient-elle pour les contemporains une clef de lecture du passé ? La considèrent-ils comme un châtiment collectif plus ou moins mérité ou un instrument de la providence, comme un fatum ou plutôt un accident de parcours ou bien encore comme l’œuvre maléfique d’une minorité ? Dans cette perspective, on s’intéressera notamment aux écrits de la défaite, aux analyses et témoignages qui, tantôt à chaud comme L’étrange défaite de Marc Bloch « ce procès-verbal de l’an 1940 » écrit entre juillet et septembre de la même année, tantôt à distance, tentent de d’injecter du sens dans l’événement par-delà la sidération qu’il provoque. Quelles leçons les contemporains d’une défaite en retiennent-ils et quelles réformes conçoivent-ils pour éviter de revivre cette expérience ? À l’intérieur des sociétés, on portera notamment le regard sur l’impact sur les organisations militaires victorieuses comme vaincues (recrutement, conscription, alliances militaires, expansion coloniale et impériale, doctrines, formation, discipline et traditions). Si le sentiment de revanche qui suit la défaite est important, il convient de le mettre en balance avec les espoirs et expériences d’apaisement et de coopération. La dernière section sera plus particulièrement consacrée à une autre mise en récit de la séquence chronologique. Comment l’expérience et la représentation de la défaite, la sienne et celle de l’autre, influent-elles sur les expériences de coopération entre les conflits et les tentatives d’instaurer une paix durable mises en œuvre au cours de la période, quand bien même ces dernières ne se révèlent pas assez fructueuses ? Dans cette perspective, faire face à l’ennemi – vainqueur ou vaincu – c’est également, pour les Allemands et les Français, entre 1870 et 1945, non pas uniquement affronter et humilier mais également négocier, se réconcilier et démobiliser les représentations hostiles de l’autre. Une telle démarche fait suite aussi bien à des décisions émanant des pouvoirs publics que d’initiatives individuelles et collectives. Cela implique même parfois de coopérer avec l’ennemi d’hier dans des instances internationales qui apparaissent à la faveur des traités (à l’instar de la Croix-Rouge internationale ou de la Société des Nations), de trouver des accommodements et de combattre à ses côtés dans des coalitions pour gérer des crises au nom d’intérêts plus ou moins partagés.

Nature des contributions souhaitées

Les candidates et candidats veilleront à inscrire leur proposition dans la réflexion générale, la période choisie et les grands axes problématiques exposés ci-avant. S’ils le souhaitent, ils pourront indiquer dans laquelle des grandes sections ils insèrent leur contribution, sachant que le comité d’organisation, en dernier recours, les informera, s’ils sont retenus, de la place qu’ils occuperont lors du colloque. Le comité d’organisation et le conseil scientifique du colloque tiennent à souligner que le champ d’étude franco-allemand a, depuis une quarantaine d’années, été un front pionnier des approches non-nationales en proposant des comparaisons, l’étude de transferts culturels, une histoire croisée, connectée. Par conséquent, sans exclure les propositions consacrées à un seul des deux pays, ils favoriseront les communications qui étudient un objet dans les deux pays. Des comparaisons avec d’autres pays ou défaites emblématiques sont également bienvenues. Les propositions qui couvrent l’ensemble de la période comme celles s’attachant à comparer de manière diachronique plusieurs expériences de défaite mais aussi celles consacrées à une seule des défaites sont attendues. Les propositions prendront la forme d’un résumé d’une page et d’un curriculum vitae d’une seule page également. Elles doivent parvenir au comité d’organisation par mail à l’adresse suivante : fairefacedefaite.facingdefeat@gmail.com au plus tard le vendredi 15 octobre 2020. Les candidats et candidates retenus disposeront lors du colloque d’un temps de parole de 20 minutes. Les communications pourront être faites en français ou en anglais.

En fonction de l’évolution de la situation liée au COVID-19, le comité d’organisation se réserve la possibilité d’annuler le colloque ou de permettre à certains intervenants de présenter leur communication par d’autres moyens en cas d’impossibilité pour eux de se déplacer. En cas d’annulation du colloque, le comité d’organisation mettra tout en oeuvre, pour, éventuellement, le remplacer par une publication. Les intervenants sélectionnés seront tenus informés des solutions envisagées et devront également informer impérativement le comité d’organisation avant d’engager des frais liés au colloque.

À l’issue du colloque une publication est prévue. Les communicants retenus pour la publication seront informés rapidement et devront rendre leur article finalisé pour le 31 août 2021.

Comité d’organisation

  • Dr. Nicolas Beaupré (Université de Clermont-Auvergne, Centre d’Histoire Espaces et Culture, Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre)
  • Dr. Géraud Létang (Service Historique de la Défense)
  • Lieutenant Aurélien Renaudière (Service Historique de la Défense)

Conseil scientifique

Pr. Julie d’ANDURAIN (Université de Lorraine – Nancy)
Pr. Jean-Claude CARON (Université de Clermont-Auvergne – Clermont-Ferrand)
Dr. Pierre CHANCEREL (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Julia EICHENBERG (Humboldt Universität – Berlin)
Pr. Dr. Jörg ECHTERNKAMP (ZMS-Postdam)
Pr. Dr. Michael EPKENHANS (ZMS-Postdam)
Pr. Dr. Oliver JANZ (Freie Universität – Berlin)
Dr. Elise JULIEN (Sciences-Po Lille)
Christine KRÜGER (Greifswald)
Pr. Dr. Gerd KRUMEICH (Centre international De recherche de l’Historial de la Grande Guerre – Péronne)
Dr. Julie LE GAC (Université de Paris Nanterre)
Pr. Heather JONES (University College – Londres)
Dr. Mareike KONIG (Institut Historique Allemand)
Commandant Dr. Laurent LOPEZ (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Jean MARTINANT DE PRENEUF (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Silke MENDE (Centre Marc Bloch – Berlin)
Pr.Philippe NIVET (Université de Picardie/Jules Verne – Amiens)
Dr. Fabien THEOFILAKIS (Paris Panthéon-Sorbonne)
Dr. Pr. Jakob VOGEL (Centre Marc Bloch – Berlin)

Institutions partenaires

  • Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de l’Université de Clermont-Auvergne - Clermont-Ferrand)
  • Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre (Péronne) - Université de Picardie Jules Verne (Amiens)
  • Centre Marc Boch / Zentrum Marc Bloch (Berlin)
  • Historial de la Grande Guerre (Péronne et Thiepval)
  • Institut Historique Allemand (Paris)
  • Service Historique de la Défense (Vincennes)
  • Zentrum für Militärgeschichte und Sozialwissenschaften der Bundeswehr (Potsdam)

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The year 2020-2021 is marked by a quadruple Franco-German anniversary : it is preceded by the sesquicentenary of the beginnings of the Franco-Prussian War and followed by the seventy second anniversary of the ending of the Second World War. Between the two, the centenary of the effectuation of the Versailles treaty – which, at the outcome of the war, was intended to reshape the relations between the two neighbouring countries, ideally enabling the avoidance of new conflicts – also takes place during 2020, as well as the eightieth anniversary of the French defeat of May-June 1940. For the French and German people, defeat consists, then, of a shared experience. It has profoundly affected, disrupted and rearranged French and German societies, before, during and after conflicts. In this fragmented commemorative cycle, in which every conflict is most often studied separately, the Service Historique de la Défense (Vincennes), in partnership with the Centre Marc Bloch (Berlin), the Centre d’Histoire ‘Espaces et Cultures’ at Auvergne University (Clermont-Ferrand), the Centre international de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre, the University of Picardie – Jules Verne (Péronne), the Institut Historique Allemand (Paris) and the Zentrum für Militärgeschichte und Sozialwissenschaften der Bundeswehr (Potsdam) wish to organise a scientific conference that will interrogate the unity of the events marked by the period from a Franco-German perspective, by focusing on the shared experience of defeat. The symposium will take place on the 8th and 9th March 2021 at the Château de Vincennes, Paris. Recent work has shown that the history of the years 1870-1945 cannot be reduced to that of conflicts, defeats and revenge. For their contemporaries, war and defeat represent no less a horizon of possibilities and at times, a lived experience. They are forced to cope with war, whether it is in order to prepare for it, adapt to it as it unfolds, or withstand and invoke it once over. From this perspective, two prevalent options, not always exclusive of one another, consist of either taking revenge or overcoming the logic of confrontation. In a Franco-German framework, this symposium will therefore provide an opportunity to explore the diverse attitudes of civilian as well as military actors facing defeat, both their own and that of others, between 1870 and 1945. This involves grasping the relationship with the violence of defeat on an individual, intimate scale, as well as on that of military and non-military, local, national and imperial institutions, while remaining attentive to the interactions between these dimensions. Furthermore, the recurrence of endured and inflicted defeats from 1870 to 1945 permits addressing the ways in which the experience of one conflict is introduced into the next, whether consciously or not. Do social actors invent a ‘culture of defeat’, to take up the expression coined by Wolfgang Schivelbusch, or on the contrary, do they live the experience of succumbing to defeat as an exceptional moment in their lives, or as an initiation that provides meaning for that which preceded this event and/or for their future existence ? We add in conclusion that the period between 1870 and 1945 saw the European powers extend into other continents, and then the systems of colonial domination go into crisis. Military defeats upon European soil rapidly acquired a global dimension, and the colonised population concretely experienced the imperial restructuring provoked by these.

Four main general thematic sections are proposed :

Envisaging Defeat

At the outset of a conflict, defeat is rarely imagined. Victory, on the other hand, is often anticipated, in particular by reflecting upon the goals of the war. For France in 1870-71 and 1940, for Germany in 1918 and 1945, facing defeat is first and foremost the obligation of dealing with the unexpected outcome of war in the proper sense of the term, an unimaginable and unimagined end. During conflicts, the anticipation of the future is usually a way to reassure oneself, by projecting oneself into victorious resolutions of the war. Can defeat be similarly envisaged before and during the conflict ? Taking form more or less rapidly, defeat radically calls into question the expectations of various actors. How do combatants and non-combatants deal with this event ? How do they anticipate it ? How do they take stock of it and react to it during the three wars ? Most often, defeat supplies a surprising and improvised turn to a more or less anticipated face-off with the enemy. It leads both civilian and military actors to adapt to unexpected dangers and unforeseen combat zones. The magnitude of the setbacks suffered and the collapse of institutions on the brink of defeat can provide an opportunity for local communities to assert themselves through community management but also, at times, through the conduction of operations, whether at the bidding of the central government, the enemy, or on their own initiative. It can also generate, in conjunction with the delegitimization of civilian and military authorities at the very heart of hostilities, expressions of rejection of wartime violence – sometimes stigmatized by the term defeatism – or even lead to the rebuilding of social and political structures under pressure from the enemy in order to avoid defeat. The calling into question of institutions, both civilian and military, can thus be seen as an opportunity to overthrow an established order and clear the way for regime changes and revolutionary or counter-revolutionary cycles or moments, either engineered in advance or transpiring during the very temporality of defeat.

Experiencing Defeat

The second research section will be consecrated to the final moments of conflict, in which defeat is consumed. How have individuals (combatants and non-combatants, men, women and children), social groups and institutions between 1870 and 1945 coped – or not – with the experience of collapse that defeat represents ? Military cadres and groups were shaken, or indeed fractured, by the blow of defeat. The legitimacy and competence of the commanding forces are thus called into question, even as the urgency of the situation leads the military authorities to question the operations they are still able to carry out (retreat, counter-attack, siege warfare, etc.). At the same time, maintaining the discipline and cohesion of a defeated troop becomes a challenge for which both officers and non-commissioned officers were neither trained nor prepared. The emotions accompanying defeat (frustration, depression and trauma, leading at times to suicide, refusal, denial, but also relief, feelings of liberation or even joy...) in the framework of a history of sensibilities, may, for example, be explored within this section. The link between the nature and length of hostilities and the experience of defeat will also be reflected upon. Did the radicalization of violence during the period between 1870 and 1945, and the accompanying process of totalization, have implications for the ways in which successive defeats were experienced ? Does a total war imply total defeat ? Finally, the temporality of the moment of defeat will be problematised. When does the experience of defeat begin and when does it end ? Do societies and individuals experience defeat over short or extended periods of time ? How do social actors consider themselves in defeat, in relation to ultimately longer periods of appeasement and peace ? Is the duration of defeat experienced as a parenthesis ?

Which leads us to the third section of the symposium,

Acting Defeat

Who bears the task of acknowledging and proclaiming defeat ? This thematic section considers the speeches and representations used to explain and gain acceptance of defeat both on the front line and at the rear. Questions such as access to information (intelligence, propaganda, rumours, etc.), and the immediate reaction of social actors to news of defeat (revolt, relief, etc.) are raised. Defining the extent of defeat is a matter, then, of negotiation. It concerns, first of all, debating the terms of the defeat (withdrawal, truce, ceasefire, surrender, armistice, etc.) with the enemy and within one’s own camp. Particular attention must therefore be accorded to the actors who organise the economic, diplomatic and military management of the defeat, and to the implications of these negotiations (occupation, return of prisoners, disarmament of combatants, provisioning, public order, tribute and compensation payments, drawing of new borders, etc.). Even as these actions are set in motion, individual or collective phenomena of rejecting defeat appear. The fact that some decide to continue fighting against all odds throws into question the means of coercion and the legitimacy of the institutions that instate defeat. These refusals invite us to question the imaginary warriors, the political discourse and the combat practices of those who refuse to demobilise.

Learning from Defeat

Since cooperating with the enemy is often considered as treason, and hence politically and morally disqualified, it is not self-evident. Nevertheless, once defeat is sealed, peace lies once again on the horizon for the social actors. While nationalist regimes conserve the belligerent wartime rhetoric, some actors work to shift society beyond the status of victors and vanquished. Special attention will therefore be dedicated to individuals or groups who work towards mediation between yesterday’s adversaries. While these may be guided by wishes of reconciliation with the Other, they might also result from internal political or ideological logic (the overpowered country seeking the support of the victor to overcome social tensions, or even civil wars, that break out in the aftermath of defeat). Finally, we are interested in the interpretations, re-interpretations and lessons that result from these experiences. Does defeat become for its contemporaries a key to reading the past ? Do they consider it as collective punishment, merited or not, or as instrumented by providence, a fatum, an accident, or perhaps the evildoing of a minority ? In this context, we are especially interested in writing defeat. That is, in analyses and testimonies which, sometimes in the midst of the experience, as in Marc Bloch’s Strange Defeat – "this verbal trial of the year 1940" – written between July and September of that year, sometimes from a distance, try to infuse meaning into the event beyond the astonishment it provokes. Which lessons do contemporaries of the defeat retain, and which reforms do they conceive of in order to avoid reliving the experience ? Examining societies from within, we will focus on the impact on both victorious and defeated military organizations (recruitment, conscription, military alliances, colonial and imperial expansion, doctrines, training, discipline and traditions). While the feeling of revenge following defeat is significant, it must be weighed against the hopes and experiences of appeasement and cooperation. The final section will be devoted more particularly to a different account of the chronological period. How do the experiences and representations of defeat, one’s own and that of the Other, affect the experiences of cooperation during intervals between conflicts, and the attempts to achieve sustainable peace that have been implemented during the period, even if the latter do not prove to be fruitful enough ? From this perspective, facing the enemy – whether vanquished or victor – means, for French and Germans between 1870 and 1945, not only affronting and humiliating but also negotiating, reconciling and overcoming hostile representation of one another. Such an approach is the result of decisions taken by public authorities as well as individual and collective initiatives. At times, it even involves cooperating with yesterday’s enemies in international forums that emerge from treaties (such as the International Red Cross or the League of Nations), finding compromises and fighting side by side in coalitions to manage crises in the name of more or less shared interests.

Nature of the Desired Contributions

Candidates must ensure that their propositions correspond to the general reflection outlined above, the selected period and the described thematic research sections. If they wish, they may indicate in which of the sections they would like to make their contribution, knowing that the organising committee will ultimately inform them, if they are selected, of the place they will occupy at the symposium. The organizing committee and the scientific council of the symposium would like to emphasise that the Franco-German field of study has, over the last forty years, become a pioneering field of non-national approaches, by proposing comparisons, the study of cultural transfers ; an intersected, connected history. Therefore, without excluding proposals devoted to only one of the two countries, they will favour papers dedicated to the study of an object in both countries. Comparisons with other countries or emblematic defeats are also welcome. Proposals that cover the entire period, such as those that attempt to compare diachronically several experiences of defeat, as well as those devoted to only one of the defeats are expected.

Proposals should be submitted in the form of a one-page summary and a one-page curriculum vitae. They must be emailed to the organizing committee at the following address : fairefacedefaite.facingdefeat@gmail.com by October 15th 2020 at the latest. Successful candidates will have 20 minutes at their disposal for their presentations which will be held in English or in French.

Depending on the evolution of the situation related to COVID-19, the organizing committee reserves the right to cancel the symposium or to allow certain speakers to present their papers by other means if they are unable to travel. If the symposium is cancelled, the organizing committee will do its utmost to eventually replace it with a publication. The selected speakers will be kept informed of the solutions envisaged and must also imperatively inform the organising committee before incurring any expenses related to the symposium.

A publication is planned following the conference, those selected for publication will be informed promptly and must submit their final paper by August 31st 2021.

Organizing Committee

  • Dr. Nicolas Beaupré (Université de Clermont-Auvergne, Centre d’Histoire Espaces et Culture, Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre)
  • Dr. Géraud Létang (Service Historique de la Défense)
  • Lieutenant Aurélien Renaudière (Service Historique de la Défense)

Scientific Council

Pr. Julie d’ANDURAIN (Université de Lorraine – Nancy)
Pr. Jean-Claude CARON (Université de Clermont-Auvergne – Clermont-Ferrand)
Dr. Pierre CHANCEREL (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Julia EICHENBERG (Humboldt Universität – Berlin)
Pr. Dr. Jörg ECHTERNKAMP (ZMS-Postdam)
Pr. Dr. Michael EPKENHANS (ZMS-Postdam)
Pr. Dr. Oliver JANZ (Freie Universität – Berlin)
Dr. Elise JULIEN (Sciences-Po Lille)
Christine KRÜGER (Greifswald)
Pr. Dr. Gerd KRUMEICH (Centre international De recherche de l’Historial de la Grande Guerre – Péronne)
Dr. Julie LE GAC (Université de Paris Nanterre)
Pr. Heather JONES (University College – London)
Dr. Mareike KONIG (Institut Historique Allemand)
Commandant Dr. Laurent LOPEZ (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Jean MARTINANT DE PRENEUF (Service Historique de la Défense- Vincennes)
Dr. Silke MENDE (Centre Marc Bloch – Berlin)
Pr.Philippe NIVET (Université de Picardie/Jules Verne – Amiens)
Dr. Fabien THEOFILAKIS (Paris Panthéon-Sorbonne)
Pr. Dr. Jakob VOGEL (Centre Marc Bloch – Berlin)

Partner Institutions

  • Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de l’Université de Clermont-Auvergne - Clermont-Ferrand)
  • Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre (Péronne) -Université de Picardie Jules Verne (Amiens)
  • Centre Marc Boch / Zentrum Marc Bloch (Berlin)
  • Historial de la Grande Guerre (Péronne et Thiepval)
  • Institut Historique Allemand (Paris)
  • Service Historique de la Défense (Vincennes)
  • Zentrum für Militärgeschichte und Sozialwissenschaften der Bundeswehr (Potsdam)

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